Taxer les résidents temporaires lors d’un achat immobilier, la fausse bonne idée !

taxe achat immobilier pour résidents temporaires

Depuis quelques semaines, nous lisons dans la presse que le marché immobilier est en surchauffe. Que des mesures doivent être prises pour endiguer la hausse des prix. Il à été écrit à plusieurs reprise que le gouvernement du Québec pourrait, comme cela se fait déjà en Colombie Britannique et en Ontario, de mettre en place une taxe achat immobilier pour résidents temporaires. Il s’agirait de taxer les acheteurs étrangers par le biais d’un impôt de 10 ou 15 % du montant de l’achat.

Concrètement, il existe plusieurs catégories d’immigrants :

  • Les résidents permanents qui arrivent au Canada, et qui après quelques années peuvent demander leur citoyenneté
  • Les résidents temporaires, qui arrivent avec un permis de travail, un PVT, un statut de jeune professionnel

Taxe achat immobilier pour résidents temporaires : une aberration

Montréal, qui est une ville ou de nombreuses industries tentent de recruter des talents dans les domaines suivants :

  • ‍Cinéma
  • Effets spéciaux
  • images 3D
  • Jeux Vidéo
  • Intelligence artificielle
  • Informatique
  • Robotique
  • Aéronautique
  • Santé
  • Etc…

Les recrues arrivent au Canada seuls ou en famille pour s’y établir, dans un premier temps par le biais d’un permis de travail ou une résidence temporaire. Ils n’ont souvent pas le droit à la RAMQ, ou aucunes aides. Ils viennent ici pour travailler et ne profitent pas du système.

Résidence permanente : les freins du Québec

Il faut comprendre que le Québec à des délais beaucoup plus longs que les autres provinces en matière d’obtention de la résidence permanente. Et ce en raison de l’obligation d’obtenir un CSQ (Certificat de sélection du Québec) avant de pouvoir demander la résidence permanente.

Pour cette raison, les provinces comme l’Ontario sont souvent plus rapides dans le traitement des demandes. et par le fait attirent plus de jeunes professionnels qualifiés.

Les délais de validation quant à une résidence permanente sont extrêmement longs (3 à 5 ans). Si cette mesure venait à être adoptée nous priverions les candidats à l’achat d’une propriété au Québec. Nous ferions de la province un lieu où l’arrivée de talents et de spécialistes serait beaucoup moins attractive.

Il est important de comprendre que pour que notre économie soit forte il nous faut être capable de recruter à l’international dans les secteurs où nous n’avons pas de main d’œuvre qualifiée.

Cette main d’œuvre permet à Montréal et au Québec de contribuer à faire croitre l’économie dans de nombreux secteurs. Cette taxe serait un coup très dur à l’économie au Québec, et au Canada.

Il est à noter que ces acheteurs payent leurs impôts au Québec et au Canada, et résident avec femme et enfants dans la province. Il n’est donc pas question de spéculation, mais bien de l’achat d’une résidence principale.

Conclusion : la taxe achat immobilier pour résidents temporaires, une décision contre-productive

Il ne faut donc pas confondre l’investisseur étranger qui ne produit rien au Québec et qui ne contribue pas à notre économie, qui ne paye pas d’impôts, et qui ne réside pas ici. Pour l’investisseur étranger, le seul but est la spéculation. Et ce contrairement au travailleur temporaire qui réside ici mais qui a un statut temporaire au regard de l’immigration.

Nous pensons  qu’il est important de comprendre que cette éventuelle décision serait contre-productive à l’économie, et au développement des secteurs de pointe.‍

Source : Hypotheques.ca par Vincent Le Saux ©